La Tribune des canuts n°3 (juillet 2016)

Face au(x) 49.3 : « concertation » ou rupture ? 

TC3L’éditorial de Grégoire Connolly

Le Congrès de l’Association des Maires de France qui s’est réuni début juin a été introduit par J.C. Juncker, président de la Commission Européenne. Il a invité « à la responsabilité budgétaire », aux « réformes structurelles », et pour cela à « arrêter [la] grève » (1).

En conclusion, le Président Hollande s’exécute : « C’est la raison de la réduction de nos dépenses publiques de 50 milliards »... le Pacte de responsabilité. Qui refuse de rompre avec l’UE en applique les diktats. Le 3 juin, au tour du Maire de Lyon, G. Collomb, de s’exécuter : il veut fermer l’école Lévi-Strauss (Lyon 1er). Qui se délecte de la Vème République en applique les mesures.

Parents et enseignants de l’école étaient alors conviés à l’Hôtel de Ville. « Le cabinet de G. Collomb nous a fait savoir que nous ne pourrions pas rentrer (…) Je crois que c’est inédit », expliquent des élus du 1er à la porte. Ce « 49.3 à la Collomb » est inédit en effet…

Mais qu’est-ce qui lui permet ce diktat, si ce n’est l’hésitation des élus à combattre résolument la fermeture de l’école ? « Le problème est que ça a été fait sans concertation » nous dit le premier adjoint du 1er sur un marché… Une concertation ? Pour quoi faire ? « Un vœu sera déposé pour déplorer la fermeture » dit l’adjointe à l’Education du 1er dans un mail aux parents. Conclusion, au conseil du 1er le 22 juin : le vote d’un vœu pour le « report de la décision ». Un petit pas…

Mais est-ce bien à la hauteur de l’exigence de maintien de l’école ? N’est-ce pas donner place à la « concertation » plutôt qu’à la rupture totale avec la politique de Collomb ? Cette question est posée à tous les élus, et au-delà aux partis de droite comme de gauche qui n’ont pas mené le combat nécessaire à ce maintien.

Au plan national – sur fond de 49.3 aussi – nous voyons les résultats de la politique de « concertation » sur la loi travail : certains voudraient nous faire avaler qu’un « dialogue constructif » pour amender cette loi, ou tel article, vaudrait mieux qu’une grève jusqu’au retrait total ! Ce serait prêter le  flan à Juncker qui veut « arrêter cette grève » !
Sur la loi Travail, comme sur l’école Lévi-Strauss, une seule question : la rupture totale avec la politique anti-sociale et anti-démocratique, avec les gouvernements et institutions qui les mènent – parmi lesquelles figure en bonne place la Métropole de Lyon.

Cette rupture, la presse du POID la porte et la nourrie : c’est la raison d’être de La Tribune des canuts. Aussi modeste soit sa contribution indépendante à la démocratie et au combat des travailleurs, elle est unique.

La rupture, c’est la raison d’être de l’Appel lancé par 1 000 militants, à une conférence nationale « Pour la rupture avec la Vème République et l’Union Européenne ». Il mérite d’être largement contre-signé. Constituons ensemble les comités de préparation de la conférence !

(1) Reprenant l’adage du secrétaire du PCF en 1936, M. Thorez : « Il faut savoir arrêter une grève »