Droit au logement – Après la réunion publique du 4 octobre

Un article paru dans La Tribune des travailleurs n°461 du 16 octobre 2024

Le Parti des travailleurs dans une réunion d’élus à Lyon

« Que l’unité se réalise pour qu’ils réquisitionnent ces logements vides ! »

Depuis des mois, des centaines d’enfants et leurs familles, des jeunes et des travailleurs sont privés de logement. Le 4 octobre, des élus du NFP ont tenu une réunion publique intitulée : « Sans-abrisme : que peut le politique ? », où étaient présentes 200 personnes.

À la tribune, Renaud Payre, le vice-président au logement de la Métropole de Lyon (groupe socialiste), ordonnateur de plusieurs expulsions, Marie-Charlotte Garin (députée écologiste de Lyon), Boris Miachon-Debard (adjoint PCF à l’urbanisme à Lyon 7e) et Ian Brossat (sénateur PCF de Paris). Objectif annoncé en introduction : « Préparer le terrain pour le jour où nous [le NFP] arriverions au pouvoir », donc les futures élections.

« N’avez-vous pas honte ? », interpellent des collectifs de soutien aux sans-abris, en référence à l’expulsion récente de squats et de gymnases par des élus locaux du NFP. « Vous pointez la responsabilité de l’État sur le logement. Alors, allons tous ensemble à la préfecture réclamer les logements. Pourquoi ne pas lancer un tel appel ? »

Face aux accusations, Renaud Payre appelle au « dialogue constructif ». Ian Brossat présente son projet de loi pour « transférer aux maires le pouvoir de réquisition de logements vacants »… alors que les maires ont déjà ce pouvoir* !

Un militant du Parti des travailleurs intervient : « Que peut le politique ? Deux choses très concrètes, tout de suite : déjà, quand vous êtes aux affaires, arrêtez les expulsions. La deuxième : vous êtes aux affaires localement. Or les maires ont le pouvoir de réquisition. À la Mairie de Lyon, on nous a répondu : “Oui, ça existe, quand il y a une urgence, un péril.” Mais c’est quoi d’autre qu’un péril, les jeunes qui ne peuvent pas passer leur diplôme parce qu’ils dorment en tente ? Ou mes élèves de sept ans qui vont passer l’hiver dans la rue ? Vous connaissez très bien les maires de Lyon, Villeurbanne, Vénissieux… Et si on allait les voir ensemble pour leur dire : il y a 25 000 logements vacants à Lyon, 7 000 à Villeurbanne… ? On propose que l’unité se réalise pour qu’ils réquisitionnent ces logements vides. » Larges applaudissements dans la salle.

À la tribune, Ian Brossat proteste, une de ses camarades insiste sur la condition de « péril » pour exercer ce pouvoir du maire… Plusieurs militants du PCF et des collectifs nous ont indiqué leur soutien : « Ils auraient dû vous répondre », « Envoie-moi l’arrêté, je vais en discuter », « S’ils ont le pouvoir, ils doivent le faire tout de suite ! ». Nous allons poursuivre cette campagne pour l’unité.

Grégoire Privolt

* En vertu des dispositions du Code des collectivités territoriales, confirmées par un arrêt du Conseil d’État du 29 décembre 1997.