
Face à une répression antisyndicale de plus en plus fréquente, les militants se serrent les coudes. Le 28 juin à Saint-Fons (69), ils étaient ainsi une quarantaine venus des quatre coins de la France devant l’entreprise SDEL ELEXA Omexom, filiale du groupe Vinci, pour soutenir Denis Marchal, représentant syndical CGT chez Vinci Énergie. Et pour exiger que cesse immédiatement la procédure de licenciement engagée à son encontre.

entouré de quelques-uns de ses soutiens
Dans un communiqué, le collectif national des syndicats CGT Vinci qui appelait à ce rassemblement indique : « Le 19 juin 2023, notre camarade Denis Marchal a été mis à pied à titre conservatoire, par la direction (…) à la suite d’un désaccord avec la DRH de son entreprise lors d’une réunion de négociation. Aujourd’hui notre camarade se retrouve accusé de menace par sa direction. Aux vues des éléments connus, nous considérons que c’est une “cabale”. (…) Denis Marchal à 34 ans d’ancienneté, il est représentant des salariés depuis une vingtaine d’année. Il est représentant syndical CGT à Vinci Energie International et Système, il a toujours défendu l’intérêt des salariés avec conviction. C’est pour cela que nous voyons la, une attaque en règle de la direction du groupe Vinci, contre notre organisation syndicale. »
Le secrétaire de l’UD CGT du Rhône, Joao Afonso Pereira, également venu apporter son soutien, souligne que « les cas de répression se multiplient contre les représentants syndicaux. De manière déguisée, les patrons veulent nous faire payer les mobilisations. »

Autour de la banderole « Militants, pas voyoux ! Stop à la criminalisation syndicale ! », c’est bien le sentiment partagé par ces syndicalistes de différentes entreprises, souvent des travaux publics mais pas seulement, venus non seulement du Rhône, de l’Ain, de l’Isère ou de la Loire, mais aussi de région parisienne, de Loire-Atlantique, de la Sarthe, de Haute-Garonne, des Pyrénées atlantiques, etc :
« – On se fait de plus en plus taper dessus et spécifiquement les délégués syndicaux. Mais, à la CGT, on est vachement soudés, alors on s’est déplacé en soutien.
– Il y a de plus en plus d’accidents et de morts au travail. Nous, on défend le Code du travail et c’est pour ça que l’on est attaqué.
– Ici, on vient de différentes branches de Vinci : construction, énergie, transports. Ce qui arrive au collègue, ça nous menace tous.
– C’est franchement maltraitant et c’est n’importe quoi ! De toute façon, c’est ce système et ces institutions qui sont pourris. C’est comme ce gamin qui vient de se faire tuer pour un refus d’obtempérer, c’est honteux et pourri.
– Je suis à la CGT Cegelec en Ile-de-France. Il nous a fallu 12 ans de procédures pour gagner sur une affaire de discrimination syndicale. On a gagné, mais ce n’est pas normal que ça prenne autant de temps.

– Je suis déléguée CGT Eiffage Energie Télécom Sud Est, et nous aussi on défend deux camarades faussement accusés par la direction…
– Je travaille chez SPIE. Avant d’être syndiqué, je pensais que le patron faisait ce qu’il pouvait. Maintenant je suis délégué syndical et je vois bien que ce n’est pas le cas. Par exemple on est obligé de se battre pour qu’ils donnent aux ouvriers des bouteilles d’eau. Il fait 40°C sur les chantiers et ils nous disent d’amener nos bouteilles ? Mais c’est à eux que de les fournir ! Je vois aussi que maintenant que je suis délégué, on trouve toujours des choses à me reprocher dans mon travail. »

Ibrahim Houbiri, secrétaire du syndicat CGT Eiffage construction à Lyon, fait lui un parallèle entre la situation de Denis Marchal et celle d’un délégué de son entreprise qui a été licencié suite à des prétendues menaces sur une personne de la direction : « L’inspection du travail avait pris position dans son sens en refusant le licenciement… mais Eiffage a interpelé le ministre du Travail qui l’a autorisé ! Ils ont une politique de terreur pour que les salariés se soumettent à l’interdiction de parler, car ils voient que même le délégué syndical n’a pas pu être protégé. C’est pour cela que je suis là, il ne nous reste que le rapport de force. »
Suite à l’entretien disciplinaire subi ce 28 juin par Denis Marchal, la direction de son entreprise réunissait le lendemain pour avis un comité social et économique (CSE) extraordinaire. Malgré les pressions exercées sur les élus, à l’unanimité les trois votes se sont exprimés contre le licenciement.

Mais il faut faire face à un véritable acharnement : le même 28 juin, le délégué menacé recevait un appel de la gendarmerie pour le convoquer le 5 juillet suite au dépôt d’une plainte.
Alors sa défense s’organise et se poursuit par tous les moyens appropriés. Un avocat est saisi du dossier, tout comme bien sûr l’inspection du travail. Et la CGT refuse de participer à toute réunion au niveau de Vinci. On ne laisse pas tomber un camarade.
Dernière minute : l’UD CGT 44 organise un rassemblement de soutien mercredi 5 juillet. Plus d’infos à venir.
Correspondants